Messieurs qu'on nomme grands...


Messieurs qu'on nomme grands
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps ...


Avril 2007 : J'ai longtemps laissé cette page vierge.
Aujourd'hui, il y a tout juste 5 ans
Deux policiers frappaient à notre porte.
Deux policiers qui auraient certainement aimé avoir une autre mission à accomplir
Que celle de venir nous annoncer l'assassinat de notre Véronique
Ils avaient le visage sombre
Ils ne faisaient pas semblant.


Vous Messieurs qu'on nomme grands
Vous qui êtes à l'abri de tout
Vous qui ne vous souciez pas suffisamment
De ces fléaux que sont la justice et la santé.

Oh, me direz vous, faute de moyen...

Pourquoi ne tenez vous pas de tels propos
Lorsqu'il s'agit de montrer la France sous son plus bel apparat
Pour des festivités quelconque

Les festivités valent plus qu'une vie humaine ?

Que diriez vous s'il s'agissait des vôtres ?
S'il s'agissait de votre enfant que l'on abat ?

Véronique a été tuée à bout portant 
En pleine élections d'avril 2002

Et cette année, cinq ans après
Il aurait fallu que j'aille élire l'un d'entre vous
Sachant que rien n'a changé
Sachant que je ne crois plus en vous.
Sachant qu'aujourd'hui tout le monde ne parle que d'élections
Alors que moi... je vais au cimetière.

Les élections de 2007 sont là
Depuis des mois j'entends parler de ce 22 avril 2007 
Qui m'arrache le coeur
Croyez vous que je peux vous faire confiance
Qui que vous soyez ?
Croyez vous que quelque chose a changé
Depuis avril 2002 ?
D'autres sont venus rejoindre Véronique
Sur la liste des victimes.
Et les récidivistes sont toujours là
Prêt à recommencer.

Qui protégez vous
Messieurs qu'on nomme grands
Vous, tout d'abord
Puis les criminels ?

Qui soignez vous
Messieurs qu'on nomme grands
Je ne sais pas
Mais sûrement pas
Les malades atteint, comme l'assassin de Véronique

Pensez vous un jour vous soucier de ce fléau
Messieurs qu'on nomme grands
Ou continuerez vous de mentir









Sur la musique "le déserteur"




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