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Ma fille
Ma fille,
Ma Véronique,
Ma Nounouche,
Je t'ai désirée,
J'ai eu beaucoup de peine à te porter,
A te mettre au monde.
Ta grande soeur en a souffert,
Car je devais me reposer,
Pour ne pas te perdre.
Mais tu étais mienne,
Mon bébé.
Puis il a fallu partager,
Il a fallu admettre que tu grandissais,
Tu devenais enfant.
Mémé te gardait lorsque je travaillais,
Elle t'aimait,
Elle était fière de toi.
Elle aimait tant les enfants,
Elle qui a perdu ma soeur et mon frère,
Encore jeunes enfants,
Elle n'a pas survécu à ton départ.
Tu as encore grandi.
Devenue jeune fille,
Tu as connu l'amitié et l'amour.
Tu t'es éloignée de moi,
Encore une fois.
Que de regrets,
Que de larmes,
Que de remords.
Évitant de le dire,
Pour te laisser vivre,
Pour que tu ne déçoives pas les autres,
Je m'effaçais.
Lorsque passaient les jours,
Sans toi,
Je ne pouvais que pleurer.
Trop peu de temps volé,
Pour une maman qui aurait souhaité,
Simplement voir sa fille,
Plus souvent.
J'étais fière de toi, oui,
Mais je ne le disais pas.
Je me faisais petite.
D'autres parlaient de toi,
Comme d'une fille exemplaire,
Une fille volontaire et qui travaillait bien.
J'aurais souhaité avoir ma fille,
Tout simplement,
Plus longtemps près de moi,
Partager tout ce dont peut rêver une mère.
Mais j'espérais, tout bas,
Qu'un jour viendrait,
Où tu serais femme,
Où tu pourrais me voir plus souvent,
Où tu déciderais seule,
Pensant un peu à moi.
Un jour où tu viendrais vers moi, un enfant dans les bras,
Où l'on pourrait enfin partager le bonheur,
Femme à femme
Mère à fille.
Mais ce jour m'a été volé.
D'autres ont pu profiter de ta présence
Et moi, de ton absence.
Le 29 avril 2002
Tu es enfin devenue mienne
A tout jamais.
Désormais les autres, les copains, les amis, continuent leur
chemin
Et moi
Il ne me reste plus que ce site où pleurer
Qu'une pierre à fleurir
Que des photos à embrasser.
Tu es désormais à moi, rien qu'à moi.
Je suis meurtrie
Je suis aigrie
Je suis blessée à jamais
Je ne veux désormais
Ne rester qu'avec toi.
Les lauriers de ta réussite scolaire
Ne m'appartiennent pas.
C'est toi qui a travaillé
Nous qui t'avons donné les moyens de tenter
D'obtenir
Ce que tu n'auras JAMAIS.
Vous
entendez "Comme j'ai mal" de Mylène Farmer
Je
bascule à l'horizontal
Démissionne ma vie verticale
Ma pensée se fige animale
Abandon du moi
Plus d'émoi
Je ressens ce qui nous sépare
Me confie au gré du hasard
Je vis hors de moi et je pars
A mille saisons, mille étoiles
Comme j'ai mal
Je n'verrai plus comme j'ai mal
je n'saurai plus comme j'ai mal...
Plus de centre tout m'est égal
Je m'éloigne du monde brutal
Ma mémoire se fond dans l'espace
Ode à la raison
Qui s'efface
Je ressens ce qui nous sépare
Me confie au gré du hasard
Je vis hors de moi et je pars
A mille saisons, mille étoiles...
J'ai si mal
de toi ma Fille.

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