Tes 30 ans

Trente ans c'est un départ dans la vie
Trente ans, les études sont terminées
Trente ans, c'est un mariage ou un compagnon
Trente ans ce sont les enfants que l'on désire
Trente ans c'est une famille qui se construit
Trente ans, c'est une vie pleine d'amour
De projets d'avenir, de rires, de joies.
Trente ans c'est une certaine jeunesse
Le plus beau de la vie

Connais-tu trente ans, ma Nounouche ?
Non, on ne t'a pas laissé ce plaisir
On t'a volé ta vie, ta jeunesse, ton amour
On nous a volé notre fille
Trente ans, sans gâteau
Trente ans sans toi surtout, ma Biche.

Il y a trente ans j'étais comblée par ta naissance
Une seconde petite fille, quel bonheur !
Je cherche en vain d'autres photos de toi
Tu resteras toujours à 26 ans et demi pour nous
Pourtant je me refuse à croire que la vie n'avance plus pour toi
Et je dis que tu as trente ans aujourd'hui.

Dans nos coeurs, tu vivras autant que nous
Tu seras toujours là près de nous
Tu ne nous quitteras plus maintenant.

On t'aime Nounouche





Voilà, ton anniversaire est passé. 
Anniversaire ? Avec qui ? 
Qui a appelé, fait un signe ?
J'aurais tant voulu pour toi.
C'était cet anniversaire ou plus rien.

30 ans. L'âge où je pensais encore pouvoir obtenir 
un petit hommage de la part de ceux avec qui tu as ri, 
tu as fait des ballades en montagne, 
tu as fait la fête, tu as travaillé. 
Ceux qui t'ont connue, 
Qui auraient pu nous dire quelque chose sur toi. 
On ne demandait pas de l'indiscrétion, 
On ne demandait pas des pleurs. 
On demandait le souvenir des moments heureux.

Personne, personne n'a bougé.
Je suis sûre que, d'où que tu sois, 
tu n'arrives pas à y croire ma Biche.

C'est si facile de critiquer, de dire que nous devrions aller mieux.
Pour cela je donne ma place. Qui la veut ?
C'est facile de dire "je ne peux pas, cela me fait trop mal" 
Il est plus facile de se protéger que d'offrir un peu de réconfort, 
de partager des souvenirs heureux avec des parents en détresse.

C'est sur tes amis, ma Biche, que je comptais pour ces 30 ans.
Je me suis trompée une fois de plus.
Une fois de plus, j'ai très mal.
Mais ce sera la dernière.

On n'entendra plus parler de moi et de mon chagrin.
Ma Véro, ma fille, je te garde pour moi maintenant.
Je ne chercherai plus rien de ce qui a pu se passer avant.
Ce que tu ne nous a pas raconté tombera dans l'oubli.

Je regarde le livre qui t'accompagnait le 29 avril 2002.
Que de messages !
 Que de "Tu resteras dans nos coeurs"
Que de "Tu étais toujours souriante"
"Tant d'années ensemble, ça ne peut s'oublier"

Je lis tous ces messages, et cela me fait si mal.
Ces amis ont sûrement une pensée pour toi de temps à autre
Mais personne ne le prouve.

Ils ne savent pas le mal qu'ils m'ont fait
Alors que j'avais demandé un petit hommage pour toi
Pour se souvenir des moments heureux.
Tans pis, désormais pour moi c'est fini.
Personne n'a répondu à mon appel.

J'ai si mal pour toi.

Nous étions seuls ce 8 juillet, seuls 
avec le mauvais temps pour nous accompagner.

Je te montre ce que nous avons fait pour toi, en automates, 
espérant jusqu'au bout un geste, un signe, un appel.




Seules nos fleurs sont là. Nos bougies. Ta petite girafe.
Notre carte d'anniversaire.
Cette photo que j'ai retravaillée afin de respecter tes "voisins".





Ce petit mot que j'ai tenu à déposer. 
Il n'a pas bougé, pas plus que le reste.
Les lys se sont ouverts.
Bientôt tout fanera, et la vie continuera
Comme si tu n'avais jamais existé
Pour les autres...


Le 8 juillet au matin, nous avons lancé 30 ballons du balcon

30 ballons qui ont tenu à longer la façade de l'immeuble 
avant de se perdre dans ces épais nuages.


C'est papa qui a lancé les 30 ballons au dessus de l'Isère
Mais le vent avait emmêlé les ficelles et les ballons sont partis 
Soudés en un seul bloc.


L'après-midi, nous avons lancé 30 ballons près de ton petit jardin. Il faisait toujours gris, le vent soufflait toujours. 


Un ballon s'est envolé, mais n'a pas voulu partir.
Il est resté sur un arbre, près de ton petit jardin.
Lorsque le soir nous sommes rentrés à Grenoble
Il était toujours là.
Pourquoi ? 


Le lendemain nous sommes retournés à ta dernière demeure
Rien n'avait changé, personne n'avait laissé signe de son passage.
L'espoir de papa a tenu jusqu'à aujourd'hui,
Refusant de croire que tout le monde t'avait oubliée
Il est retourné voir ton "chez toi".
Il est revenu écrasé par la douleur. 


Désormais je ne répondrai plus au téléphone, je n'ouvrirai plus la porte
Je me renfermerai encore plus sur moi-même.

Toutes ces personnes t'ont enterrée encore une fois
Plus profondément
Pour éviter de souffrir en pensant à toi, peut être
Ou, oubliant que tu as existé.


Pardonnes moi, ma Biche d'écrire tout ceci.
J'ai trop mal.
Je suis accablée par la douleur de t'avoir perdue
Et par l'abandon de tous.

Pardonne moi
Je t'aime trop
Je n'ai plus ma place nulle part.



Un ballon lancé pour tes 30 ans est arrivé ma Biche, voici le message que j'ai reçu :


AVONS TROUVER (A TERRE) VOTRE BALLON AVEC LA NOTE "Pour toi ma Véronique........" DANS LES ALPES ITALIEN LE 17 07 2005 ENTRE PAESANA ET CRISSOLO (PRES DE MONT VISO).
MERCI ET COMPLIMENTS!


Un autre message est arrivé le 24 janvier 2006, venant de La Mure, dans l'Isère 



En me baladant aujourd'hui j'ai découvert le petit papier qui était accroché au ballon que vous avez envoyé le 8 juillet 2005. Je me suis donc rendu sur ce site qui est très émouvant et très bien réalisé. Encore bravo et bon courage.
Stéphane
 


Merci à vous, vos messages m'ont beaucoup touchée.




Vous entendez une chanson de Mike Brant "tout donné, tout repris"
Oui la vie m'a permis de te mettre au monde, d'avoir le plaisir de te chérir, mais par la faute des grands de ce pays, la vie m'a repris ma fille, mon enfant, ce qui est le plus cher dans le coeur d'une mère. Elle t'a volée ton bonheur, tes projets, ta vie.





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